Quand la diversification alimentaire commence, une question revient très souvent chez les parents : quelle quantité mon bébé doit-il manger ?
Quelques cuillères de purée ? Un petit pot entier ? Combien de viande ? Et s’il termine son assiette, faut-il lui en proposer davantage ? À l’inverse, faut-il s’inquiéter lorsqu’il mange très peu ?
La première chose à retenir est simple : les quantités données pour les bébés sont avant tout des repères. L’appétit peut varier considérablement d’un enfant à l’autre, mais aussi d’un repas ou d’un jour à l’autre.
L’objectif n’est donc pas de faire terminer systématiquement une assiette, mais de proposer une alimentation adaptée à l’âge de l’enfant tout en restant attentif à ses signaux de faim et de satiété.
Voyons ensemble les principaux repères, de la diversification alimentaire jusqu’à 3 ans.
Avant 4 mois : le lait uniquement
Durant les premiers mois, l’alimentation de bébé repose exclusivement sur le lait maternel ou une préparation pour nourrissons.
Il n’est pas recommandé de commencer la diversification alimentaire avant 4 mois révolus.
La diversification peut ensuite débuter entre 4 et 6 mois révolus, selon le développement de l’enfant et les recommandations du professionnel de santé qui le suit.
Entre 4 et 6 mois : quelques cuillères pour commencer
Le début de la diversification est avant tout une période de découverte.
Bébé rencontre de nouvelles saveurs, odeurs et textures. Il n’est donc absolument pas nécessaire qu’il mange immédiatement une grande quantité de purée.
On peut commencer par quelques cuillères à café, puis augmenter progressivement en fonction de son appétit.
Légumes, fruits, féculents, légumes secs, produits laitiers, viande, poisson ou œuf peuvent progressivement faire leur apparition dans son alimentation sous une texture adaptée.
À cet âge, le lait reste la base de l’alimentation.
Pour la viande, le poisson ou l’œuf, les quantités sont particulièrement petites : autour de 5 g par jour, soit environ une cuillère à café d’aliment mixé ou d’œuf dur écrasé, constitue un repère au début de la diversification.
Une petite quantité de matière grasse est également importante : les recommandations françaises prévoient notamment l’ajout quotidien d’une petite quantité d’huile végétale dans les préparations qui n’en contiennent pas.
Et surtout : inutile de saler les plats de bébé ou d’y ajouter du sucre.
De 6 à 8 mois : les repas deviennent progressivement plus complets
Au fil des semaines, les quantités augmentent naturellement.
Bébé peut désormais manger davantage de légumes, de fruits et de féculents, toujours en fonction de son appétit.
Vers cet âge, il est également intéressant de commencer à faire évoluer progressivement les textures.
Après les purées parfaitement lisses viennent des préparations plus épaisses, puis écrasées ou légèrement granuleuses.
Pour la viande, le poisson ou l’œuf, on peut progressivement arriver autour de 10 g par jour, soit environ deux cuillères à café de viande ou de poisson.
Il n’est cependant pas nécessaire d’en proposer à chaque repas : une portion quotidienne suffit.
Le poisson peut notamment être proposé deux fois par semaine en variant les espèces.
À partir de 8 mois : bébé découvre davantage les morceaux
À partir d’environ 8 mois, si son développement le permet, bébé peut progressivement découvrir des aliments très mous et fondants, capables de s’écraser facilement entre les doigts ou entre la langue et le palais.
Une banane très mûre, certains légumes bien cuits ou des morceaux particulièrement fondants peuvent par exemple l’aider à découvrir une nouvelle façon de manger.
Même sans dents, un bébé est capable de mâcher certains aliments mous avec ses gencives.
Cette période est aussi celle où beaucoup d’enfants commencent à vouloir participer davantage au repas : attraper la nourriture, tenir leur cuillère, toucher leur assiette…
Et c’est parfaitement normal.
Manger est aussi un apprentissage sensoriel.
Vers 8 à 12 mois : combien de repas par jour ?
Autour de 8 mois, l’organisation alimentaire évolue généralement vers quatre repas par jour.
L’alimentation reste cependant complémentaire du lait, qui conserve une place essentielle pendant toute cette période.
Il ne faut donc pas chercher à remplacer trop rapidement les apports lactés par des aliments solides.
À mesure que bébé grandit, ses repas peuvent associer :
- des légumes ;
- des féculents ;
- une petite quantité de viande, poisson ou œuf une fois dans la journée ;
- une matière grasse ajoutée ;
- éventuellement un fruit ou un produit laitier selon le repas ;
- de l’eau comme boisson.
Les quantités de légumes et de féculents doivent surtout être adaptées à l’appétit de l’enfant.
À partir de 1 an : bébé mange presque comme les grands… mais pas encore comme un grand
Après son premier anniversaire, l’alimentation de l’enfant se rapproche progressivement de celle du reste de la famille.
Mais ses besoins restent spécifiques.
Il faut donc continuer à adapter les quantités, les textures et la préparation des aliments.
Entre 1 et 2 ans, un repère d’environ 20 g par jour de viande, poisson ou œuf peut être utilisé.
Entre 2 et 3 ans, ce repère passe à environ 30 g par jour.
Il s’agit bien de la quantité quotidienne et non d’une portion à servir à chaque repas.
À cet âge, l’enfant peut progressivement manger :
Au petit-déjeuner : du lait maternel ou du lait adapté à son âge, accompagné selon son appétit d’un fruit et d’un produit céréalier.
Au déjeuner : légumes, féculents, viande/poisson/œuf en quantité adaptée, matière grasse et éventuellement fruit ou produit laitier.
Au goûter : fruit, produit laitier ou lait et éventuellement un produit céréalier.
Au dîner : légumes et féculents, accompagnés notamment de lait selon l’organisation alimentaire de l’enfant.
Là encore, il n’est pas nécessaire de peser systématiquement toute l’assiette.
Faut-il faire finir son assiette à bébé ?
Non.
C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir.
Un enfant est capable de manifester sa satiété : il peut fermer la bouche, tourner la tête, repousser sa cuillère ou simplement ne plus montrer d’intérêt pour son repas.
Son appétit peut également changer d’un jour à l’autre.
Un repas presque entièrement terminé aujourd’hui peut être à moitié laissé demain.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il y a un problème.
Il est préférable de proposer sans forcer et de respecter les signaux de satiété de l’enfant.
De la même manière, lorsqu’un nouvel aliment est refusé, il n’est pas nécessaire d’insister. Celui-ci pourra être proposé de nouveau quelques jours plus tard. Plusieurs présentations peuvent parfois être nécessaires avant qu’un enfant accepte une nouvelle saveur.
Et si bébé mange plus ou moins que les quantités indiquées ?
Les quantités présentées dans les recommandations sont des ordres de grandeur, et non des objectifs à atteindre au gramme près.
Deux enfants du même âge peuvent avoir des appétits différents.
La croissance, l’activité physique, les poussées dentaires, la fatigue, une maladie passagère ou simplement l’appétit du jour peuvent modifier les quantités consommées.
Le meilleur indicateur n’est donc pas uniquement ce qu’il reste dans l’assiette.
Le suivi régulier de la croissance par le médecin ou le pédiatre permet de vérifier que l’évolution de l’enfant est satisfaisante.
En cas de perte d’appétit persistante, de difficultés importantes lors des repas, de problème de déglutition ou de doute concernant sa croissance, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé.
Attention aux morceaux : la texture compte autant que la quantité
Lorsque bébé commence à manger seul, la taille et la texture des aliments sont essentielles.
Les nouvelles textures peuvent être introduites progressivement à partir de 6-8 mois selon les capacités de l’enfant.
Vers 8 mois, on peut notamment proposer certains morceaux très mous et fondants.
Les aliments petits, durs et ronds présentent en revanche un risque d’étouffement et ne doivent pas être proposés tels quels aux jeunes enfants.
Les aliments ronds ou ovales, comme les tomates cerises ou les grains de raisin, doivent être découpés de manière adaptée.
Et quel que soit son âge, un jeune enfant doit toujours manger assis et sous la surveillance d’un adulte.
Quelques règles importantes à retenir
Au-delà des quantités, quelques principes permettent d’accompagner sereinement les premières années alimentaires de bébé.
Le lait conserve une place essentielle. La diversification complète progressivement l’alimentation lactée ; elle ne doit pas la faire disparaître brutalement.
Respectez son appétit. Les quantités évoluent progressivement et peuvent changer d’un jour à l’autre.
Faites évoluer les textures. Purée lisse, texture plus épaisse, aliments écrasés puis morceaux mous : bébé apprend progressivement à mâcher et à manger de manière autonome.
Ajoutez des matières grasses adaptées. Les jeunes enfants ont des besoins importants en lipides pour leur croissance. Les recommandations privilégient notamment les huiles végétales en les variant.
Ne salez pas les préparations de bébé. Les produits très salés doivent également être évités ou fortement limités.
L’eau est la boisson de référence. Les jus de fruits et autres boissons sucrées ne sont pas nécessaires.
Pas de miel avant 1 an, en raison du risque de botulisme infantile.
Enfin, viande, poisson et œufs doivent être suffisamment cuits pour les jeunes enfants.
Chaque bébé avance à son rythme
La diversification alimentaire n’est pas une course.
Certains bébés montrent rapidement beaucoup d’intérêt pour leur assiette. D’autres ont besoin de davantage de temps pour accepter une nouvelle texture, utiliser leurs couverts ou manger seuls.
L’essentiel est de proposer progressivement une alimentation variée et adaptée, dans un environnement calme et sécurisé.
Une assiette adaptée, de petits couverts faciles à prendre en main et un environnement dans lequel bébé peut expérimenter contribuent également à faire du repas un véritable moment d’apprentissage.
Parce qu’avant de manger « comme un grand », bébé doit surtout avoir le temps d’apprendre à son rythme.
Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas les recommandations personnalisées d’un médecin, d’un pédiatre ou d’un autre professionnel de santé, notamment en cas d’allergie, de trouble alimentaire, de prématurité ou de problème de croissance.
Sources
- Santé publique France – Manger Bouger : recommandations relatives à la diversification alimentaire des enfants jusqu’à 3 ans.
- Santé publique France – Manger Bouger : introduction des aliments entre 4 et 6 mois.
- Santé publique France – Manger Bouger : évolution des textures à partir de 6-8 mois.
- Assurance Maladie (ameli.fr) : diversification alimentaire de l’enfant.
- Ministère chargé de la Santé : Carnet de santé de l’enfant et repères alimentaires de 0 à 3 ans.
Marion — Première Bouchée